Changer de vie n'est pas si facile qu'il n'y paraît

Une 1ère expatriation en famille dans un pays d'Afrique pour une durée déterminée à l'avance demande des sacrifices par rapport au confort de sa précédente vie, des efforts pour se réadapter à un nouvel environnement et une forte motivation, raison pour laquelle nous partons.



Avant le départ


Quand on fait le choix de partir en famille pour une durée déterminée, cela implique d'étudier le ratio sacrifices/efforts à consentir/motivations, et ce avant même de prendre la décision de s'expatrier. Cela commence par la motivation, la raison pour laquelle on décide de partir. Elles peuvent être variées. Nous concernant, nous parlerons d'envie de découvrir un univers complètement différent, de vivre une expérience unique, d'être un peu bousculés pour se ré-inventer, de faire vivre cette expérience à ses enfants, de casser une routine, de caresser l'idée intellectuelle de ce à quoi pourrait ressembler THE aventure. On s'imagine que tout est possible. On essaie de se projeter en tant que grands aventuriers dans de folles aventures, sans repère. On s'imaginerait presque tout abandonner pour aller vivre au milieu de la savane et des lions, et vivre des produits de cueillette ou de chambres d'hôtes que nous aurions réhabilitées. Moi, en tant qu'entrepreneuse, je m'imagine en train de développer un petit commerce en partant de rien, de mettre en valeur l'artisanat local et de faire prospérer un petit commerce. On imagine que tout est possible et que cela ne tiendra qu'à notre volonté.


Quand on trouve la motivation, l'émulation et l'envie, les sacrifices ne sont pas encore considérés comme des sacrifices. En effet, avant de partir, on prend conscience de notre mode de vie, des avantages de notre vie sur Paris. On se dit prêts à les sacrifier, à passer outre car la motivation et l'envie sont très fortes. Et tant qu'on n'a pas définitivement renoncé à ses avantages, qu'on continue à en profiter, on ne se rend pas tellement compte de ce que l'on va perdre. Quant aux efforts pour se réadapter à un nouvel environnement, on se sent forts, motivés, prêts à faire tous les efforts nécessaires pour tenter d'accéder à notre nouvel eldorado. En tant qu'habitués à déménager régulièrement, on se dit que les efforts à faire pour appréhender notre nouvel univers ne devraient pas être si terribles que cela.


Les premiers mois après notre arrivée


Une fois le grand saut effectué, la motivation est à son comble. On n'y croit pas d'être enfin au Kenya, comme un rêve qui devient réalité. Avant de partir dans nos grands rêves, on centre nos efforts sur l'adaptation au nouvel environnement, c'est-à-dire s'installer dans notre maison, mettre en place l'organisation autour de l'école, environnement phare dans l'univers des enfants - d'autant plus que l'école sera un vecteur indispensable pour se faire des amis - faire la connaissance de différentes personnes pour nous constituer notre noyau dur d'amis.


Au bout de quelques mois : Maison : en place (ou presque). Ecole : en place (ou presque). Notre noyau dur d'amis : en place. Puis vient la phase de découvertes. Découverte de nouvelles personnes, de nouveaux cafés, restaurants, night-clubs, bars à cocktails, des malls, des marchés artisanaux, des magasins, de la culture kenyane, des magnifiques paysages, de la faune, des modes de vie sur Nairobi, des régions à explorer sur tout le territoire...bref on commence à trouver nos repères et notre environnement commence à se façonner.


Quand on change d'univers, cela demande des efforts d'aller vers les autres, pour découvrir l'Autre, se familiariser avec de nouvelles habitudes et un nouveau mode de pensée. Ceux qui arrivent doivent faire l'effort d'aller vers ceux qui sont en place. Et ceux qui sont en place doivent également faire un effort pour accueillir ceux qui arrivent. En revanche, les efforts ne sont pas du tout comparables. Quand on arrive dans un milieu étranger, on ne sait pas exactement avec qui on aura des atomes crochus. Cela requiert de multiples actions et signaux d'empathie et de sympathie avant de se constituer son cercle amical. Quand on est en place avec son cercle d'amis, même si on a envie d'élargir son cercle amical et d'accueillir de nouvelles personnes, on est dans une situation beaucoup plus confortable.
























Puis arrive la période de confinement


La période traversée durant la pandémie du coronavirus nous contraint à nous couper de notre vie sociale. Nous ne voyons plus physiquement nos amis, nous occupons nos journées bien différemment. On essaie de ne pas couper complètement les liens en gardant contact via Whatsapp, mail ou téléphone. La découverte du Kenya est mise en stand-bye. Je suis amenée à me poser davantage de question sur mes motivations, sur ce qu'on est venu trouver dans cette aventure, et comment nous entrevoyons la rentrée prochaine. L'appel du monde professionnel me happe. Je me remets à refaire un CV et des lettres de motivations au format kenyan. Je suis à l'affût des annonces d'emploi sur Linkedin, Glassdoor, Brightermonday et autres. Je prends attache auprès de contacts de mon réseau kenyan. Je sais que trouver un emploi au Kenya sans véritable réseau professionnel et avec une administration locale qui freine des 4 fers l'octroi des permis de travail est un véritable défi, sans doute un peu irréaliste. La période du Covid-19 a chamboulé l'économie mondiale, y compris l'économie kenyane. Les entreprises doivent revoir leur Plan à Court et Moyen Terme, ne sachant pas encore si elles devront mettre la clé sous la porte ou pas, licencier. Elles devront revoir de toute façon leurs objectifs et les moyens humains pour y parvenir. Je pourrai peut-être surfer sur cette période de doute où certaines entreprises préféreront peut-être employer une personne déjà installée sur Nairobi avec un salaire local de bon niveau plutôt que détacher une personne de métropole avec un package d'expat.


La préparation de la rentrée en septembre


Quand on a des enfants, le temps est rythmé suivant l'année scolaire qui prend fin en juin et reprend en septembre. En septembre prochain, nous entamerons donc une nouvelle rentrée scolaire. Cela fera également une année que nous serons arrivés. Le temps file. Les nouveaux projets et objectifs sont à poser ainsi que la stratégie pour les atteindre. Celui de trouver un travail épanouissant et enrichissant fait véritablement partie de mes objectifs pour l'année prochaine.



Expatriation with the whole family in an African country requires sacrifices compared the comfort of one's former life, efforts to adapt oneself to a new environment et a strong motivation, which is why we leave.


Before our departure


When you make the choice to leave with the family for a fixed period, we need to study the ratio sacrifices/efforts/motivations, even before to make the decision to expatriate. It begins with motivation, reason why we decide to leave. They can be varied. Concerning us, we would like to discover a completely different universe, to live a unique experience, to be a little bit rushed to reinvent oneself, to give this experience to the kids, to break the day-to-day habits, to touch the intellectual idea of what THE adventure could look like. We imagine that everything si possible. We try to imagine as adventurers in crazy adventures, without indicators. We would almost imagine to leave everything to go and live in the savana with the lions, and live thanks to the grap products or host rooms that we would have rehabilitated. As an entreprenor, I imagine myself to develop a small business from scratch, to emphasize local craft et to develop a small business. We imagine that everything is possible and that it is only due to our wish.


When you find motivation and envy, sacrifices are not yet considered as sacrifices. Indeed, before leaving, we become aware of our way of life, the advantages of our life in Paris. We think that we are ready to sacrifice them, to ignore them because motivation and desire are very strong. And as long as we have not definitively renounced our advantages, we go on enjoying them, we don't realize what we will lose. Concerning efforts to reajust to our new environment, we feel strong, motivated, ready to make all the efforts necessary to intent to access this new eldorado. As accustomed to move regularly, we think that efforts to make to understand our new universe should not be so difficult.


The first months after our arrival


Once the big jump done, motivation is very high. We don't believe that we are finally in Kenya, like a dream coming true. Before setting off in our big dreams, we focus our efforts to adapt to our new environment, ie settling in our house, organizing the school life which is very important for the kids for them to find friends, getting to know different people in order to build up a group of friends.


After a few months : House : done (or almost). School : done (or almost). Our friends : done. Then comes the discovery phase. Discovery of new people, new cafés, restaurants, night-clubs, coktails bars, local craft markets, shops, Kenyan culture, marvelous landscapes, wildlife, lifestyles in Nairobi, areas to be explored in the country...we are starting to find our bearings and our environment is starting to take shape.


When we change universe, it requires efforts to reach out the others, to discover the Other, to familiarize yourself with new habits and a new way of thinking. Those arriving must make an effort to reach out those in place. And those who are in place must make an effort to welcome those who arrive. However, the efforts are not similar at all. When you arrive in a foreign universe, we don't know exactly whom we will be friendly with. This requires various actions and signals of sympathy before settling his group of friends. When you have your friends, even if you want to expand your circle of friends and welcome new people, you are in a much more comfortable situation.


Then comes the period of confinement


The period of pandemic forced us to cut ourselves off from our social life. We no longer see physically our friends, we spend our days differently. We try not to cut completely our contacts with Whatsapp, email or phone calls. The discovery of Kenya is put on stand-by. I asked myself more questions about my motivations, what we came to find in this adventure, et how we foresee the back-to-school in next September. The professional world catches me. I start to build my CV and cover letters with Kenyan standards. I am on the lookout for job postings in Linkedin, Glassdoor, Brightermonday and others. I begin to contact my Kenyan network. I know that finding a job in Kenya without real professional network and with a local administration that slows down the granting of work permits, is a real challenge, maybe a little bit unrealistic. The Covid-19 period has turned the world economy upside down, included Kenyan economy. Companies must adjust the Short and Medium Term Plan, even if they don't know if they will go bankruptcy, or fire. In any case they will have to adjust their objectives and the human means to achieve them. I could maybe benefit this period of doubt when some companies may prefer to hire a person already established in Nairobi with a local wage than send a salary from metropolitan with an expat package.


The preparation of the back-to-school in September


When you have children, time is punctuated with he school year which ends in June and resumes in September. Next September, we will therefore start a new back-to-school. We also arrived 1 year ago. Time flies. New projects and objectives are to be determined, as well as the strategy to achieve them. That of finding an interesting job is truly one of my objectives for next year.